La galère portugaise, mauvaise navigatrice



Le roi des océans serait-il cul-de-jatte? C'est encore l'un des vilains tours de la nature, que d'avoir doté Physalia Physalis, ce cnidaire ressemblant à une méduse, d'armes redoutables et d'une organisation sans faille pour en faire finalement une âme perdue au fond des océans, incapable de mobilité et jouet des courants de l'eau et du vent.

La terreur des mers...

La galère portugaise (Portuguese Man-of-War) est l'un de plus dangereux prédateurs parcourant les mers du globe. Sous l'apparence d'une méduse, cet hydrozoaire Physalia Physalis se présente sous l'aspect spectaculaire d'une bulle de carbone à laquelle se rattachent de longs filaments urticants de 10 mètres, ses armes dévastatrices emplis de venin mortel, qui leur servent à attraper et tuer leurs proies. Cette arme est si redoutable qu'elle est encore dangereuse plusieurs semaines après leur mort.

Mais le plus impressionnant des talents de Physalia physalis et sa capacité à se regrouper en énorme colonie, véritable légions de combat, formant une longue série de galères portugaises (zooids) parcourant l'océan, agissant grâce à ces centaines de filaments, en véritable filet de pèche dont rien ne s'échappe, et dans lequel la majorité des pauvres proies finie inexorablement empoisonnée, transportée vers les zooids d'assimilation et digérée, morte ou vivante. Ces longues colonies peuvent atteindre plus de 40 mètres, et sont connues sous le nom de siphonophores.

Praya Dubia, le siphonophore "filet de pêche" composé de nombreux zooids
... ne sait pas nager

La terreur des océans possède toutefois un point faible, et de taille... Elle est incapable de se mouvoir par elle même, elle ne peut pas nager. Elle n'a aucun moyen de se propulser dans l'eau, ce qui pose un petit problème, puisque c'est là qu'elle vit. Le seul moyen dont elle dispose pour bouger consiste à gonfler sa bulle de carbone, pour rejoindre la surface et se faire déporter par le vent. Malheureusement, c'est vers la surface que se trouvent ses ennemis, et tout ce qu'elle peut faire lorsqu'elle en rencontre un, est de se dégonfler, retourner en profondeur, et espérer que cela suffira... Au final, ces étranges créatures finissent soit dans la gueule de petits chasseurs comme les tortues, soit échouée sur le rivage parce que le vent les aura porté dans la mauvaise direction...


0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires sont soumis à modération avant d'être publiés. La publication peut prendre quelques jours.

Twitter Delicious Facebook Digg Favorites More