Wonderboom, l'arbre miracle d'Afrique du sud



A quelques kilomètres au nord de Prétoria, Afrique du sud, vit (ou plutôt vivent!) un ficus géant sous la forme de treize troncs individuels distincts mais néanmoins semblables. Tous sont issus d'un même arbre-mère ou des arbres-filles constituant sa descendance.

Wonderboom, l'arbre sacré
Wonderboom photographié d'une colline adjacente. Img : B. Gelorik
Wonderboom, littéralement "L'arbre miracle", est né il y'a probablement un peu plus d'un millénaire. A l'origine il n'était qu'un seul tronc plein de vitalité, aux longues branches s'échappant de leur centre pour capter un maximum de lumière, jusqu'à parfois, toucher le sol. Certaines de ces branches qui touchaient terre ont alors pris une existence propre en s'enracinant dans le sol, donnant ainsi naissance à de nouveaux troncs autour l'arbre-mère central. Ce phénomène est bien connu des horticulteurs sous le nom de marcottage, mécanisme des végétaux dont l'un des modes de reproduction est la rhizogenèse (création de racines sur une partie aérienne de la plante mère). Ce mode de reproduction n'est pas hermaphrodite mais créé des clones conservant le patrimoine génétique de la lignée. Le phénomène s'observe chez de nombreuses plantes d'intérieur ou d'arbustes à enracinement difficile, mais également chez des espèces largement connue comme les fraisiers ou certains conifères (ex : cyprès de Leyland). C'est ainsi grâce à l'enracinement des branches tombantes qu'une véritable colonie a pu se former radialement à partir du tronc initial de Wonderboom.

Cette seconde génération est même parvenue, pour trois d'entre ses troncs recrées à partir de branches tombantes, à donner naissance selon le même principe à une troisième génération, chacune des générations s'étendant autour de la précédente. Le résultat : 13 troncs représentant 3 générations, s'étalant sur près de 50m², qui pouvaient selon la légende offrir de l'ombre à 1000 personnes.
Wonderboom, l'arbre sacré dans sa réserve. Img : D. Prinslow

Ce mode de reproduction n'est pas unique, d'autres ficus, y compris les Ficus Salicifolia dont Wonderboom est un représentant en tant que figuier sauvage, peuvent donner naissance à des homologues, créant ainsi par cercles concentriques autour de l'arbre premier, de véritables bosquets d'espèce unique.

Vue de l'intérieur du bosquer; Img : D. Prinslow
Néanmoins, Wonderboom a ceci de particulier qu'il s'élève à plus de 23 mètres de haut, tandis que les autres Ficus Salicifolia atteignent généralement 9 mètres tout au plus, voire, appréciés en tant que bonsaï de quelques dizaines de centimètres. A sa base, le diamètre du tronc principal de Wonderboom atteint désormais 5,5 mètres. Quoiqu'il en soit, la façon dont Wonderboom s'est étendu circulairement représente un phénomène rare pour des arbres de cette ampleur. D'ordinaire, les figuiers sauvages poussent dans les espaces ouverts, les terrains rocailleux et les affleurements, près de ruisseaux ou de rivières. L'écorce des jeunes pousses est lisse et gris pâle, celle des vieux figuiers beaucoup plus rugueuse et sombre. Les fruits blancs prennent une teinte jaune-rouge lors de la maturation, les feuilles sont épaisses et coriaces.

Sa taille imposante et son aspect particulier en ont fait un point de visite régulier pour les Voortrekkers, des immigrants allemands des années 1830, dont Hendrik Potgieter, qui lui donna son nom actuel. Depuis cette époque, les descendants et les nostalgiques des Voortrekkers reviennent visiter régulièrement le site. Les autochtones quant à eux considèrent l'arbre sacré car il serait né sur la tombe de l'un de leurs grands chefs. A ce titre et en vertu d'une spiritualité en communion avec les phénomènes naturels, l'arbre fut relativement préservé tant qu'il n'était connus que des habitants locaux.
Au fil des âges, l'activité humaine et les incidents naturels ont entamé le bosquet et sa santé, particulièrement un feu déclaré en 1870 suite à une partie de chasse, ainsi que la récente infection parasitaire qui a forcé les autorités à placer l'arbre en quarantaine pendant près de 20 ans. bien que la taille d'ensemble en ait été fortement réduite, Wonderboom continue à se développer, désormais avec plus de tranquillité. L'arbre sacré est en effet devenu un monument national, entouré d'une clôture de bois et relativement préservé de l'activité humaine, bien qu'il soit possible d'en visiter l'intérieur.

Le fort afrikaans. Img : Tshwane.
Wonderboom est situé au pied des montagnes Magaliesbergue, à l'intérieur de la Wonderboom Natural Reserve, de plus de 200 hectares, qui comprend également d'autres sites intéressants : un site datant de l'âge de pierre ayant offert de nombreuses traces et outils de la technique représentative de cette époque, un autre site portant les marques d'un âge de fer. La colline surplombant Wonderboom a également accueillie un fort destiné à défendre les populations locales contre l'invasion britannique. La réserve est également connue pour abriter et constituer un lieu de reproduction des aigles noirs, et pour offrir un havre de paix à de nombreuses espèces locales telles que des antilopes ou des zèbres.


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