Les organismes les plus résistants à la chaleur



Sur Terre, et principalement dans les zones arides, on trouve de nombreux animaux adaptés aux différences de températures et aux chaleurs extrêmes. La fourmi argentée du désert ou fourmi saharienne (Cataglyphis bombycina) peut par exemple supporter une température de sol de 90°C, et une température interne de 50° (jusqu'à 70°C pendant peu de temps). Cette espèce présente la particularité d'une pilosité fournie et argentée qui reflète vraisemblablement les rayons du soleil. Elle court également à une vitesse incroyable (l'équivalent de 1000 km/h pour un homme!) afin de ne pas se brûler les pattes, survolant littéralement le sable comme un fantôme. On ne trouve cependant pas à même le sol terrien, les espèces les plus résistantes à la chaleur.

Img : Delaware University
Le Ver de Pompéi (Alvinella pompejana) se rencontre exclusivement dans les cheminées hydrothermales du Pacifique, vers 2500 mètres de profondeurs. Il doit son nom à la ville romaine de Pompéi, détruite en l'an 79 par l'éruption du Vésuve : le Ver de Pompéi vit sur les parois de cheminées actives (mont hydrothermaux), à une température relativement élevée et sous une pluie de cendres. Ce ver découvert en 1980 au large des Galapagos[1], supporterait une température allant jusqu'à 80°C, sa queue étant en contact avec des éléments atteignant cette température (176°F).  Cette extraordinaire thermophilie en fait l'animal eucaryote (multicellulaire) le plus résistant à la chaleur. Sa survie dans un environnement hostile, tant en température qu'en composition chimique, est assuré par la symbiose qu'il entretient avec des bactéries.

Certains micro-organismes cependant, sont encore plus résistants à la chaleur (thermophiles ou thermorésistants)*. Ils sont par ailleurs qualifiés d'"hyperthermophiles" s'ils se développent de manière optimale et se reproduisent entre 80 et 110°C. C'est le cas de plusieurs espèces des taxons Archea et Bactéries, comme, par exemple, Pyrolobus Fumarii, qui nécessite une température au moins égale à 90° pour croître, et peut se développer jusqu'à 113°C. Deux autres de ces archéobactéries connues seraient capables de survivre à des températures encore plus hautes : 121°C pour Strain 121, qui supporte même jusqu'à 130° (pendant 2 heures, mais elle n'est plus capable de se reproduire à cette température). Le record revient pour le moment à Methanopyrus Kandleri (strain 116), dont le métabolisme est encore opérant à 122°C[2] à une pression de 20MPa.

Il est possible, dans les conditions explorées, qu'une bactérie puisse vivre vers 150°C, bien que l'on n'en ai pas encore trouvé. Au delà, les risques de dégradation ou de rupture de l'ADN sont vraisemblablement trop élevés pour permettre la cohésion du contenu cellulaire, une reproduction et un développement correct.

*On réalise généralement la distinction thermophilie/thermorésistance selon la dépendance de l'organisme aux conditions extrêmes : Est qualifié de thermophile un organisme qui aurait de grandes difficultés à survivre (dont le métabolisme fonctionnerait moins bien ou pas du tout) dans une environnement en conditions normales. A contrario, un organisme thermorésistant peut subsister à la fois dans un milieu hautement calorifique et dans des conditions normales de température.

[1] Desbruyères, D., Laubier, L. (1980). Alvinella pompejana gen.sp. nov., Ampharetidae aberrant des sources hydrothermales de la ride Est-Pacifique. Oceanologica Acta.
[2] Takai K., Nakamura K., Toki T., Tsunogai U., Miyazaki M., Miyazaki J., Hirayama H., Nakagawa S., Nunoura T., Horikoshi K. (2008). "Cell proliferation at 122°C and isotopically heavy CH4 production by a hyperthermophilic methanogen under high-pressure cultivation". Proc. Natl. Acad. Sci. USA 105 (31): 10949–54.


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